Il etait 23 heures

Il était 23h, le taxi se faufilait dans la chaleur de cette nuit d’octobre. Bientôt 20 minutes qu’il me trimbalait d’un bout à l’autre de Paris quand finalement on s’est engagé sur les Grands Boulevards. Il m’a déposé à l’angle du faubourg Saint Denis, j’en tenais déjà une bonne mais je tenais à finir la soirée en beauté, quitte à se ruiner autant que ce soit divin.
J’ai emprunté le passage du Faubourg, le quartier était en effervescence. Rien de surprenant à l’approche du weekend, les terrasses se remplissaient dès 18h pour accueillir ses âmes en peine, à l’échine courbée, prêtes à en découdre avec les pintes de blondes. Un peu plus loin se trouvait le rade dans lequel j’avais mes habitudes. L’alcool n’était pas cher et les filles étaient belles. D’ailleurs ce soir là, les filles étaient d’une beauté remarquable, l’alcool pas cher l’ennemi d’un jugement objectif.
Quelques minutes pour commander un verre, le bar ne débande pas de la soirée le weekend. A en juger par sa gestuelle approximative j’en ai déduis que le barman était nouveau, le fait qu’il ne m’ait pas reconnu me confortait dans mon raisonnement. Je lui ai envoyé un billet de 20 euros sur le comptoir en formica, il m’a tendu quelques ronds en prenant soin de me rendre de la petite monnaie susceptible de lui revenir en pourliche.
J’ai pris une lampée et suis resté accoudé au bar, comme poste d’observation on a rarement vu mieux, les tables étant déjà prises par des groupes soudés déjà salement éméchés. Les filles étaient de plus en plus belles, mon regard s’est accroché, elle devait avoir 25 ans tout au plus, elle portait des bas couleur chair et des talons marron, impossible d’ignorer une paire de jambes pareilles. Sa silhouette était parfaite, son cul moulé dans sa robe beige scintillait, une petite bouche, un visage pur et de longs cheveux châtains, elle a senti mon regard, le sien est venu se poser sur moi.
J’ai quitté le bar pour rejoindre une table laissée libre par deux cols blancs, pour eux la soirée s’arrêtait ici. J’ai basculé mon verre à la verticale pour aspirer les dernières gouttes de nectar, je l’ai reposé, elle était là, face à moi et me regardait. Lauraine était étudiante en dernière année de psychologie, elle s’était assise à côté de moi, ma jambe pressée contre la sienne. Je l’écoutais, sa voix avait un côté rassurant, ni trop aiguë, ni trop grave, une fréquence idéale.
- C’est la première fois que je viens ici.
- Je sais
- Qu’est ce que tu veux dire ?
- Je veux dire que certains pensent que je travaille ici.
- Un habitué.
- J’aime pas ce terme, généralement ceux qui se disent habitués se pensent tout droit sortis de la cuisse de Jupiter
Je ne dirais pas que ma réponse l’a séduite mais le contact avec sa jambe se durcissait. Quand j’ai décidé de lui poser la main sur le genou, je me suis dis que la partie était bien engagée. Pas rares sont les fois où cette étape était fatale à ma soirée de baise. J’approchais ma main de son entrejambe sans qu’elle n’ait esquissé un mouvement de retrait.
Sa bouche m’appelait, j’ai eu l’impression que c’était la première que je m’apprêtais à embrasser. Un baiser est sans doute le moment le plus intime dans les relations homme-femme, tous différents et plus excitant les uns que les autres. Je passais ma main derrière elle et la tirais contre moi, 90% du travail était bien fait, j’allais poser l’estocade finale.
Je lui caressais le cou. Elle embrassait bien, une femme qui a cette capacité peut te faire monter une trique en un instant. Ses jambes se sont croisées, faisant apparaître le haut de ses cuisses, sa peau était d’une tendresse juvénile. Je gagnais du terrain et posais ma main sur son sexe, je retrouvais la sensation éprouvée à 8 ans lorsque tu fourres ton doigt dans un étau avant de tourner la manivelle d’acier, jeu de gamin idiot pour tester la résistance à la douleur.
Je l’embrassais plus violemment, elle s’accrochait, je bandais plus qu’il n’en faut. J’ai relâché la pression, elle a reculé pour reprendre son souffle.
Je me suis levé et suis sorti du bar, elle m’a suivi…